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Description de "S.O.S bonheur "

Présentation de S.O.S bonheur

La plupart des gens pensent que Jean Van Hamme est un suppôt du capitalisme car il raconte les aventures d'un héros, Largo Winch, play-boy riche à millions. En réalité, il faut plutôt voir Van Hamme comme un continuateur du roman-feuilleton à la Balzac, toujours soucieux de donner à comprendre le monde dans le cadre de digressions didactiques encyclopédiques. Voyez celles concernant la fabrication du papier ou le fonctionnement de la lettre de change dans Les Illusions perdues, par exemple. Largo Winch, dans le même sens, apparaît plutôt comme un rebelle B.C.B.G, une fusion réussie entre Lucien de Rubempré et Rastignac. Ceux qui connaissent bien l'œuvre du scénariste de XIII et de Thorgal connaissent aussi Les Maîtres de l'Orge, où la référence n'est plus le démiurge de la Comédie Humaine, mais bien Zola et les Rougon-Macquart : l'idée que le destin des "grandes familles" capitalistes se confond avec la marche des nations et que le prolétariat est comme un poulain descendu dans la mine, devenu un cheval de trait aveugle qui tire le chariot sans avoir revu la lumière du jour. Dans S.O.S. Bonheur, un album conçu en 1980 et dessiné par un Griffo débutant dans le dessin réaliste, Jean Van Hamme est moins militant que l'auteur de J'accuse ! mais il pose des questions qui sont au cœur de nos choix de société : Jusqu'où doit aller la sécurité sociale ? Jusqu'à laisser l'État décider de tout ? Pourquoi et pour qui travaillons-nous réellement ? Cela nous regarde-t-il de le savoir ? Jusqu'à quel point l'État doit-il être renseigné sur nous ? Quel est le sens réel du mot liberté, est-ce une utopie, et combien de révolutions seront encore faites en son nom ? etc. Avec cette conclusion : Si vous voulez être vraiment libre, vivez seul sur une île déserte, sans famille, sans amis, sans État et, bien entendu, sans portable ni Internet. Il est évident, dans cette satire grinçante, que derrière le vulgarisateur de la pensée économique se cache aussi un véritable moraliste. --Didier Pasamonik

Détails sur le produit

  • Reliure : Cartonné
  • 176  pages
  • Dimensions :  1.8cmx23.2cmx30.6cm
  • Poids : 1560.4g
  • Editeur :   Dupuis Paru le
  • Collection : Aire Libre
  • ISBN :  2800126396
  • EAN13 :  9782800126395
  • Classe Dewey :  741.5
  • Langue : Français

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La plupart des gens pensent que Jean Van Hamme est un suppôt du capitalisme car il raconte les aventures d'un héros, Largo Winch, play-boy riche à millions. En réalité, il faut plutôt voir Van Hamme comme un continuateur du roman-feuilleton à la Balzac, toujours soucieux de donner à comprendre le monde dans le cadre de digressions didactiques encyclopédiques. Voyez celles concernant la fabrication du papier ou le fonctionnement de la lettre de change dans Les Illusions perdues, par exemple. Largo Winch, dans le même sens, apparaît plutôt comme un rebelle B.C.B.G, une fusion réussie entre Lucien de Rubempré et Rastignac. Ceux qui connaissent bien l'œuvre du scénariste de XIII et de Thorgal connaissent aussi Les Maîtres de l'Orge, où la référence n'est plus le démiurge de la Comédie Humaine, mais bien Zola et les Rougon-Macquart : l'idée que le destin des "grandes familles" capitalistes se confond avec la marche des nations et que le prolétariat est comme un poulain descendu dans la mine, devenu un cheval de trait aveugle qui tire le chariot sans avoir revu la lumière du jour. Dans S.O.S. Bonheur, un album conçu en 1980 et dessiné par un Griffo débutant dans le dessin réaliste, Jean Van Hamme est moins militant que l'auteur de J'accuse ! mais il pose des questions qui sont au cœur de nos choix de société : Jusqu'où doit aller la sécurité sociale ? Jusqu'à laisser l'État décider de tout ? Pourquoi et pour qui travaillons-nous réellement ? Cela nous regarde-t-il de le savoir ? Jusqu'à quel point l'État doit-il être renseigné sur nous ? Quel est le sens réel du mot liberté, est-ce une utopie, et combien de révolutions seront encore faites en son nom ? etc. Avec cette conclusion : Si vous voulez être vraiment libre, vivez seul sur une île déserte, sans famille, sans amis, sans État et, bien entendu, sans portable ni Internet. Il est évident, dans cette satire grinçante, que derrière le vulgarisateur de la pensée économique se cache aussi un véritable moraliste. --Didier Pasamonik