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Essai sur l'exotisme

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Description de "Essai sur l'exotisme"

Présentation de Essai sur l'exotisme

La littérature de voyage, selon les bons mots de Segalen, ne peut être le fait que "des proxénètes de la sensation du divers". Lui et son salutaire mépris des voyageurs qui affadissent, par leur récit, les déserts qu'ils ont traversés et transforment tout, au mieux, en d'ennuyeuses synthèses à l'usage des énarques de sous-préfecture. Hardis voyageurs qui, d'explorateurs, vous fîtes touristes, passez donc votre chemin : ce livre n'est pas pour vous."Il y a partout de vrais aliments, ce qui manque le plus, ce sont de vrais appétits". Le verbe de Segalen souffle ses braises sur les têtes empanachées des commis voyageurs du XXème siècle. L'exotisme ? Allons donc ! Ce n'est tout de même pas l'affaire des paquebots ! Chèques-vacances, sac à dos, gardez pour vous vos "pensées jaunes" et toutes ces choses saugrenues qui encombrent d'ordinaire vos copieuses soirées de retour !"8 octobre 1917, départ Haïphong." Mais nous n'en connaîtrons pas les détails. Ni lui non plus du reste. Avant cela, en octobre 1904, Segalen rentre d'un long voyage en Océanie. Il veut écrire un livre sur l'exotisme. Une oeuvre universelle capable de décrire la totalité de nos gestes et de nos pensées. Octobre 1918, quelques mois avant sa mort, il sait qu'il n'en viendra pas à bout. Mais justement ce qu'il nous livre, c'est un concept parfaitement cohérent avec son objet même.Pierre Jean Jouve publiera l'oeuvre sous la forme de fragments, en 1955. Puis, grâce aux efforts de la fille de Segalen, ce livre de poche verra le jour."Exote, celui-là qui, voyageur-né, dans les mondes aux diversités merveilleuses, sent toute la saveur du divers." D'un divers toujours en excédent ou en reste de son concept. Partant de cet aveu, Segalen opère au retournement de la notion d'exotisme. Il ne s'agit plus d'intégrer des éléments étrangers dans le décor d'une conscience faussement curieuse. Il s'agit de considérer les civilisations dans leurs différences radicales. L'exotisme devient ainsi pour lui la forme même de cette distance que l'on devine entre soi et l'autre.Mais n'est pas exote qui veut. Cela ne se peut qu'à la condition de savoir tout d'abord céder à l'ivresse de la rencontre. Mouvement qui se paie au prix fort : n'en revenir qu'étranger, soudain, à soi-même. Le moment exotique est alors celui de la réaction impérieuse d'une individualité forte à un objet dont elle perçoit et déguste la distance. Il ne peut donc être question d'une compréhension claire et raisonnée de ce hors soi-même, que rien en moi ne me permet d'étreindre. Il ne s'agit que de tenir dans cette perception d'une incompréhensibilité indépassable.Mais la petite boule qu'est devenue la terre s'est peuplée de touristes que sa rotondité encourage : on revient toujours. Où sont nos Magellan ? Les grands navigateurs mouraient fort heureusement dans un monde que sa planéité défendait rudement.Si plein de sa vision d'un monde granuleux et discontinu, Segalen allait jusqu'à trouver exotiques les soirées de Médan. Là s'inventait la littérature à venir.Sous-titré avec beaucoup d'à-propos : "une esthétique du divers", on comprendra aisément qu'il n'ait pu faire de son essai une totalité du divers. La connaissance de quelque chose qui n'est pas soi-même ne peut se concevoir dans la claire assurance du concept. Il s'entête cependant : "Projet de Plan"…, "terminer l'avant-propos"…, "conclure sur"… Et met 14 ans à ne pas achever son livre.Hardis voyageurs, Segalen est mort. Comme il l'écrit lui-même, on peut tout dire maintenant : il nous appartient ! Autorisez-vous donc de son héritage. Faites taire vos scrupules, ne rentrez pas de vos voyages, ignorez les albums souvenirs, soyez les exotes de vos paisibles studios !--Sylvaine Jeminet --

Détails sur le produit

  • Reliure : Poche
  • 165  pages
  • Dimensions :  0.8cmx10.2cmx17.6cm
  • Poids : 117.9g
  • Editeur :   Le Livre De Poche Paru le
  • Collection : Biblio Essais
  • ISBN :  225303861X
  • EAN13 :  9782253038610
  • Classe Dewey :  111.85
  • Langue : Français

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Présentation de Essai sur l'exotisme

La littérature de voyage, selon les bons mots de Segalen, ne peut être le fait que "des proxénètes de la sensation du divers". Lui et son salutaire mépris des voyageurs qui affadissent, par leur récit, les déserts qu'ils ont traversés et transforment tout, au mieux, en d'ennuyeuses synthèses à l'usage des énarques de sous-préfecture. Hardis voyageurs qui, d'explorateurs, vous fîtes touristes, passez donc votre chemin : ce livre n'est pas pour vous."Il y a partout de vrais aliments, ce qui manque le plus, ce sont de vrais appétits". Le verbe de Segalen souffle ses braises sur les têtes empanachées des commis voyageurs du XXème siècle. L'exotisme ? Allons donc ! Ce n'est tout de même pas l'affaire des paquebots ! Chèques-vacances, sac à dos, gardez pour vous vos "pensées jaunes" et toutes ces choses saugrenues qui encombrent d'ordinaire vos copieuses soirées de retour !"8 octobre 1917, départ Haïphong." Mais nous n'en connaîtrons pas les détails. Ni lui non plus du reste. Avant cela, en octobre 1904, Segalen rentre d'un long voyage en Océanie. Il veut écrire un livre sur l'exotisme. Une œuvre universelle capable de décrire la totalité de nos gestes et de nos pensées. Octobre 1918, quelques mois avant sa mort, il sait qu'il n'en viendra pas à bout. Mais justement ce qu'il nous livre, c'est un concept parfaitement cohérent avec son objet même.Pierre Jean Jouve publiera l'œuvre sous la forme de fragments, en 1955. Puis, grâce aux efforts de la fille de Segalen, ce livre de poche verra le jour."Exote, celui-là qui, voyageur-né, dans les mondes aux diversités merveilleuses, sent toute la saveur du divers." D'un divers toujours en excédent ou en reste de son concept. Partant de cet aveu, Segalen opère au retournement de la notion d'exotisme. Il ne s'agit plus d'intégrer des éléments étrangers dans le décor d'une conscience faussement curieuse. Il s'agit de considérer les civilisations dans leurs différences radicales. L'exotisme devient ainsi pour lui la forme même de cette distance que l'on devine entre soi et l'autre.Mais n'est pas exote qui veut. Cela ne se peut qu'à la condition de savoir tout d'abord céder à l'ivresse de la rencontre. Mouvement qui se paie au prix fort : n'en revenir qu'étranger, soudain, à soi-même. Le moment exotique est alors celui de la réaction impérieuse d'une individualité forte à un objet dont elle perçoit et déguste la distance. Il ne peut donc être question d'une compréhension claire et raisonnée de ce hors soi-même, que rien en moi ne me permet d'étreindre. Il ne s'agit que de tenir dans cette perception d'une incompréhensibilité indépassable.Mais la petite boule qu'est devenue la terre s'est peuplée de touristes que sa rotondité encourage : on revient toujours. Où sont nos Magellan ? Les grands navigateurs mouraient fort heureusement dans un monde que sa planéité défendait rudement.Si plein de sa vision d'un monde granuleux et discontinu, Segalen allait jusqu'à trouver exotiques les soirées de Médan. Là s'inventait la littérature à venir.Sous-titré avec beaucoup d'à-propos : "une esthétique du divers", on comprendra aisément qu'il n'ait pu faire de son essai une totalité du divers. La connaissance de quelque chose qui n'est pas soi-même ne peut se concevoir dans la claire assurance du concept. Il s'entête cependant : "Projet de Plan"…, "terminer l'avant-propos"…, "conclure sur"… Et met 14 ans à ne pas achever son livre.Hardis voyageurs, Segalen est mort. Comme il l'écrit lui-même, on peut tout dire maintenant : il nous appartient ! Autorisez-vous donc de son héritage. Faites taire vos scrupules, ne rentrez pas de vos voyages, ignorez les albums souvenirs, soyez les exotes de vos paisibles studios !--Sylvaine Jeminet --