share_book
Envoyer cet article par e-mail

Le maboul

ou partager sur :

share_comment
Partager ce commentaire par e-mail

ou partager sur :

PRÊT A ACHETER?
(vous pouvez toujours annuler plus tard)


J'aime
Le maboul

Le maboul

  (Auteur)


Prix : 209,00 DH TTC


Sur commande

Des articles qui pourraient aussi vous intéresser

Description de "Le maboul"

Présentation de Le maboul

L'écrivain marocain Fouad Laroui a plusieurs langues : l'arabe, d'abord, le français, l'anglais, aujourd'hui le néerlandais, puisqu'il enseigne l'économie à Amsterdam, où il vient de publier un livre, directement écrit en cette langue. Et comme si ce n'était pas assez, ce parfait polyglotte ajoute encore un autre langage : celui du coeur. Le premier recueil de nouvelles de Fouad Laroui, " Le Maboul ", que viennent de publier les éditions Julliard, parle d'abord et avant tout du Maroc : une terre vécue, à travers ses villes, ses ports, ses figures. La vie y noue des entrechats avec la mort, la raison avec la folie. Les comportements des hommes y apparaissent d'abord mystérieux, gouvernés par une logique qui échappe à la logique : ainsi les crises de folie régulières de cet élégant d'El-Jadida qui tous les six mois redevient dément… Et dont il faudra des années, et le hasard d'une rencontre parisienne, pour que le narrateur connaisse le fin mot… Qui est peut-être, justement, dans l'entre-deux : "Demande leur s'il y a des mots entre les mots. Des mots qui ne sont ni l'un ni l'autre. Alors tu pourras comprendre ". C'est sur cette découverte que s'ouvre le recueil, et il en est comme imprégné. Les histoires qui suivent sont placées dans cet éclairage : où est le départ entre la réalité et la fiction, lorsqu'un mythomane en mal de passé peut s'approprier votre biographie, et vivre un avenir qui pourrait aussi bien être le vôtre, virtuellement proche et lointain à la fois, étrangement semblable à vous. La vie, lors même qu'on croit la tenir, prend soudain un virage inattendu, et se dérobe en un instant : police secrète, existence suspendues, fauchées. La botte de menthe qu'il partait acheter au coin de la rue, ce n'est que six ans plus tard que le père l'a ramenée, mystérieusement relâché d'un improbable pli de l'espace temps qu'il n'évoquera jamais, et qui pourrait s'appeler prison, bagne, cachot. Formes contemporaines de l'arbitraire et de la fatalité, dont le Maroc célèbre longuement les noces. Une autre nouvelle, mais il faudrait les citer toutes, revient sur l'absurdité d'un pays où l'ignorance le dispute à la peur pour conditionner les comportements : voulant satisfaire un hôte de passage qui lui a demandé d'emporter " un peu de terre marocaine ", un jeune fonctionnaire est emporté dans une spirale absurde de catastrophes. On l'observe se démener et s'enfoncer de plus en plus dans le cauchemar, Charlot emporté dans l'engrenage d'un comportement suspect qu'il ne parvient pas à expliquer rationnellement à ses persécuteurs successifs. Entre le comique de situation, l'absurde, et le délire kafkaïen, l'art de Fouad Laroui lui permet, justement, à lui l'écrivain, de prélever un peu de ce terreau marocain, et d'en dire plus sur cette terre, avec plus d'esprit, que bien des traités sociologiques ou politiques. Rien n'est laissé de côté, ni l'aveuglant égocentrisme de la haute bourgeoisie de Casablanca, ni le paradoxe d'un pays où la police semble partout, ni l'atmosphère des cafés où les heures se perdent… La force du style de l'auteur est tient à un usage carré et sans vergogne des mots, une oralité assumée et une rapide allégresse du verbe, que ce soit pour railler ou courir à la suite. Ainsi ses nouvelles s'enchaînent comme les histoires du conteur, sans laisser le temps de souffler. Mais le réalisme lucide de la peinture est renforcé par une légère touche de fantastique, qui à la manière d'un Marcel Aimé tout-à-coup surgit au coin d'une page. Ce sont sans doute là les meilleures nouvelles du recueil : la désillusion voit son sel adouci par l'entrée en jeu de la fantaisie. Le sourire de Fouad Laroui réapparaît en filigrane, et ce n'est pas de l'ironie, mais de l'affection : cette humanité déboussolée mais tellement juste, il l'aime ! -- Olivier Zegna Rata --

Détails sur le produit

  • Reliure : Broché
  • 144  pages
  • Dimensions :  1.4cmx13.0cmx19.8cm
  • Poids : 181.4g
  • Editeur :   Julliard Paru le
  • ISBN :  2260015727
  • EAN13 :  9782260015727
  • Classe Dewey :  843.914
  • Langue : Français

D'autres livres de Fouad Laroui

La femme la plus riche du Yorkshire

Il aime les voyages et les explorateurs. Piètre ethnographe, économètre intérimaire à l'université de York, Adam Serghini profite de son séjour outre-Manche pour infiltrer du local, radiographier et croquer de l'autochtone, dans son milieu naturel, à savoir là où tout engliche digne de ce ...

Prix : 69 DH
Tu n'as rien compris à Hassan II

Non, ce n'était pas un burnous. Non, ce n'était pas un caftan. Non, ce n'était pas une djellaba. Non, ce n'était pas une culotte de zouave. Non, ce n'était pas un tchador (nippe de femme). Non, ce n'était pas une abaya (guenille saoudienne). Non, ce n'était pas turc de Touareg. Non, ce n'éta...

Prix : 216 DH

Méfiez-vous des parachutistes

Een Marokkaanse ingenieur merkt tot zijn verbazing dat een parachutist die bovenop hem is geland stukje bij beetje zijn leven ...

Prix : 63 DH
Les dents du topographe

Le narrateur raconte les hasards de la route òu les illusions se perdent et où le rêve, lui, mène toujours plus ...

Prix : 225 DH

Voir tous les livres de Fouad Laroui

Commentaires sur cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire. Soyez le premier!

Laisser un commentaire

Rechercher des articles similaires par rayon

Présentation de Le maboul

L'écrivain marocain Fouad Laroui a plusieurs langues : l'arabe, d'abord, le français, l'anglais, aujourd'hui le néerlandais, puisqu'il enseigne l'économie à Amsterdam, où il vient de publier un livre, directement écrit en cette langue. Et comme si ce n'était pas assez, ce parfait polyglotte ajoute encore un autre langage : celui du cœur. Le premier recueil de nouvelles de Fouad Laroui, " Le Maboul ", que viennent de publier les éditions Julliard, parle d'abord et avant tout du Maroc : une terre vécue, à travers ses villes, ses ports, ses figures. La vie y noue des entrechats avec la mort, la raison avec la folie. Les comportements des hommes y apparaissent d'abord mystérieux, gouvernés par une logique qui échappe à la logique : ainsi les crises de folie régulières de cet élégant d'El-Jadida qui tous les six mois redevient dément… Et dont il faudra des années, et le hasard d'une rencontre parisienne, pour que le narrateur connaisse le fin mot… Qui est peut-être, justement, dans l'entre-deux : "Demande leur s'il y a des mots entre les mots. Des mots qui ne sont ni l'un ni l'autre. Alors tu pourras comprendre ". C'est sur cette découverte que s'ouvre le recueil, et il en est comme imprégné. Les histoires qui suivent sont placées dans cet éclairage : où est le départ entre la réalité et la fiction, lorsqu'un mythomane en mal de passé peut s'approprier votre biographie, et vivre un avenir qui pourrait aussi bien être le vôtre, virtuellement proche et lointain à la fois, étrangement semblable à vous. La vie, lors même qu'on croit la tenir, prend soudain un virage inattendu, et se dérobe en un instant : police secrète, existence suspendues, fauchées. La botte de menthe qu'il partait acheter au coin de la rue, ce n'est que six ans plus tard que le père l'a ramenée, mystérieusement relâché d'un improbable pli de l'espace temps qu'il n'évoquera jamais, et qui pourrait s'appeler prison, bagne, cachot. Formes contemporaines de l'arbitraire et de la fatalité, dont le Maroc célèbre longuement les noces. Une autre nouvelle, mais il faudrait les citer toutes, revient sur l'absurdité d'un pays où l'ignorance le dispute à la peur pour conditionner les comportements : voulant satisfaire un hôte de passage qui lui a demandé d'emporter " un peu de terre marocaine ", un jeune fonctionnaire est emporté dans une spirale absurde de catastrophes. On l'observe se démener et s'enfoncer de plus en plus dans le cauchemar, Charlot emporté dans l'engrenage d'un comportement suspect qu'il ne parvient pas à expliquer rationnellement à ses persécuteurs successifs. Entre le comique de situation, l'absurde, et le délire kafkaïen, l'art de Fouad Laroui lui permet, justement, à lui l'écrivain, de prélever un peu de ce terreau marocain, et d'en dire plus sur cette terre, avec plus d'esprit, que bien des traités sociologiques ou politiques. Rien n'est laissé de côté, ni l'aveuglant égocentrisme de la haute bourgeoisie de Casablanca, ni le paradoxe d'un pays où la police semble partout, ni l'atmosphère des cafés où les heures se perdent… La force du style de l'auteur est tient à un usage carré et sans vergogne des mots, une oralité assumée et une rapide allégresse du verbe, que ce soit pour railler ou courir à la suite. Ainsi ses nouvelles s'enchaînent comme les histoires du conteur, sans laisser le temps de souffler. Mais le réalisme lucide de la peinture est renforcé par une légère touche de fantastique, qui à la manière d'un Marcel Aimé tout-à-coup surgit au coin d'une page. Ce sont sans doute là les meilleures nouvelles du recueil : la désillusion voit son sel adouci par l'entrée en jeu de la fantaisie. Le sourire de Fouad Laroui réapparaît en filigrane, et ce n'est pas de l'ironie, mais de l'affection : cette humanité déboussolée mais tellement juste, il l'aime ! -- Olivier Zegna Rata --