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La Fin Tragique de Philomène Tralala

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La Fin Tragique de Philomène Tralala

La Fin Tragique de Philomène Tralala

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Description de "La Fin Tragique de Philomène Tralala"

Présentation de La Fin Tragique de Philomène Tralala

La première fois qu'il me vit, il fut (me dit-on) comme frappé par la foudre. C'était chez Plumme l'éditeur. La soirée battait son plein, encore que je n'aie jamais compris ce que cette expression signifiait exactement. Me semble que ça bat son plein dès que j'arrive, les soirées. Toutes les soirées. Surtout celles où je m'invite d'autor' ! Son plein ! Bourré jusqu'à la gueule ! À ras ! Rataplan ! Tam-tam ! Roulement de tambour ! La charge ! La chamade ! La générale ! Sauve-qui-peut ! Philomène arrive ! Philomène Tralala, l'écrivaine beure-black ! L'Arabe de rab' ! Gloire de la francophonie ! Francofolle ! À lier ! Fouteuse de bouse à la puissance mille ! Grande gueule aspirante-refoulante ! Glaviot dans la soupe ! Celle qui ose ! La danse du ventre sous la Coupole ! Écrit à coups de poing ! Appelle un chat une chatte ! Et le critique un fielleux ! Un menteur ! Un qu'a-pas-lu ! Un ould el kelb ! Quoi qu'il en soit, je ne l'ai pas vu, moi, ce monsieur, ce jour-là. Il béait, paraît-il… Bavait... Dégoulinait... Se tripotait l'entrejambe... Se bricolait les braies... Jamais vu un boubou, peut-être ? Djellaba si échancrée ? Caftan tentant ? Ou alors une question d'angle ? L'alignement idéal ? Un coup t'y vois, un coup t'as rien vu ? Je ne porte rien, moi, sous le tissu, que le noir candide de ma peau, l'oxymore des Maures... Alors, de biais, forcément on entrevoit. On croit qu'on voit... Qu'on voit ce qu'on convoite... On rêve les yeux ouverts... Ils sont tout beaux mes toutous mes tétons, de vrais petits boulets, d'une nuance de noir qui semble briller… Et ombrés, aussi... Bien fermes. Il s'y voyait déjà, l'écume aux lèvres, ses dents mordant la peau, déchirant la chair… Acerbe, incisif, tranchant... Cannibale inverse! Paradoxe ! Bouffe la négresse ! Négrophile, négrophage ! Chacun son tour ! Puis lèche, caresse, console… Jefferson, papa blanc fornicateur… Ou peut-être, l'inverse, la nounou qui le berce, lui, petit Blanc des plantations ? Summertime… Et tout cela ne dure qu'un instant, un regard, juste le temps que l'obsession s'installe. Car c'est d'obsession qu'il s'agit, et de comment j'en suis arrivée là, cette cellule, ce châlit, ces barreaux... Philomène en prison ! Qui l'eût cru ? Mais tout le monde. Finira en taule, Philomène, ricanait la racaille. Y a des limites. Même pouliche de Plumme... On la saignera à l'ars... On lui coupera le jarret... Tu vas mourir, femme. Perpète. Père pète. Le juge, la bouche en cul de poule... Condamne Philomène au nom du peuple françouais. Il me nomme Fatima, d'ailleurs... C'est mon vrai nom, mon nom d'assassine... Philomène dans les salons, Fatima en prison... Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, écrivain, demeurant à... Je suis innocente. Mais je n'en ai pas l'air. Je suis seule dans ma cellule. C'est un privilège, paraît-il. Je n'y ai pas vraiment droit : il faut avoir volé quelques milliards, vendu son pays ou escroqué les cancéreux pour mériter ce traitement de faveur. L'administration pénitentiaire considère peut-être que l'écrivain trucideur de critique a des circonstances atténuantes. N'a pas tout à fait tort... Nous-mêmes, à sa place... On m'accorde quelques mètres carrés de solitude. L'essentiel ? J'ai un stylo, et de l'encre dedans. Du papier. Alors, raconte. Dis et meurs. Par le commencement. Le fondement…

Détails sur le produit

  • Reliure : Relié
  • 142  pages
  • Dimensions :  1.4cmx13.0cmx19.8cm
  • Poids : 181.4g
  • Editeur :   Julliard Paru le
  • ISBN :  2260016308
  • EAN13 :  9782260016304
  • Classe Dewey :  843.914
  • Langue : Français

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Présentation de La Fin Tragique de Philomène Tralala

La première fois qu’il me vit, il fut (me dit-on) comme frappé par la foudre. C’était chez Plumme l’éditeur. La soirée battait son plein, encore que je n’aie jamais compris ce que cette expression signifiait exactement. Me semble que ça bat son plein dès que j’arrive, les soirées. Toutes les soirées. Surtout celles où je m’invite d’autor’ ! Son plein ! Bourré jusqu’à la gueule ! À ras ! Rataplan ! Tam-tam ! Roulement de tambour ! La charge ! La chamade ! La générale ! Sauve-qui-peut ! Philomène arrive ! Philomène Tralala, l’écrivaine beure-black ! L’Arabe de rab’ ! Gloire de la francophonie ! Francofolle ! À lier ! Fouteuse de bouse à la puissance mille ! Grande gueule aspirante-refoulante ! Glaviot dans la soupe ! Celle qui ose ! La danse du ventre sous la Coupole ! Écrit à coups de poing ! Appelle un chat une chatte ! Et le critique un fielleux ! Un menteur ! Un qu’a-pas-lu ! Un ould el kelb ! Quoi qu’il en soit, je ne l’ai pas vu, moi, ce monsieur, ce jour-là. Il béait, paraît-il… Bavait... Dégoulinait... Se tripotait l’entrejambe... Se bricolait les braies... Jamais vu un boubou, peut-être ? Djellaba si échancrée ? Caftan tentant ? Ou alors une question d’angle ? L’alignement idéal ? Un coup t’y vois, un coup t’as rien vu ? Je ne porte rien, moi, sous le tissu, que le noir candide de ma peau, l’oxymore des Maures... Alors, de biais, forcément on entrevoit. On croit qu’on voit... Qu’on voit ce qu’on convoite... On rêve les yeux ouverts... Ils sont tout beaux mes toutous mes tétons, de vrais petits boulets, d’une nuance de noir qui semble briller… Et ombrés, aussi... Bien fermes. Il s’y voyait déjà, l’écume aux lèvres, ses dents mordant la peau, déchirant la chair… Acerbe, incisif, tranchant... Cannibale inverse! Paradoxe ! Bouffe la négresse ! Négrophile, négrophage ! Chacun son tour ! Puis lèche, caresse, console… Jefferson, papa blanc fornicateur… Ou peut-être, l’inverse, la nounou qui le berce, lui, petit Blanc des plantations ? Summertime… Et tout cela ne dure qu’un instant, un regard, juste le temps que l’obsession s’installe. Car c’est d’obsession qu’il s’agit, et de comment j’en suis arrivée là, cette cellule, ce châlit, ces barreaux... Philomène en prison ! Qui l’eût cru ? Mais tout le monde. Finira en taule, Philomène, ricanait la racaille. Y a des limites. Même pouliche de Plumme... On la saignera à l’ars... On lui coupera le jarret... Tu vas mourir, femme. Perpète. Père pète. Le juge, la bouche en cul de poule... Condamne Philomène au nom du peuple françouais. Il me nomme Fatima, d’ailleurs... C’est mon vrai nom, mon nom d’assassine... Philomène dans les salons, Fatima en prison... Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, écrivain, demeurant à... Je suis innocente. Mais je n’en ai pas l’air. Je suis seule dans ma cellule. C’est un privilège, paraît-il. Je n’y ai pas vraiment droit : il faut avoir volé quelques milliards, vendu son pays ou escroqué les cancéreux pour mériter ce traitement de faveur. L’administration pénitentiaire considère peut-être que l’écrivain trucideur de critique a des circonstances atténuantes. N’a pas tout à fait tort... Nous-mêmes, à sa place... On m’accorde quelques mètres carrés de solitude. L’essentiel ? J’ai un stylo, et de l’encre dedans. Du papier. Alors, raconte. Dis et meurs. Par le commencement. Le fondement…