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Une mort à Lisbonne

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Description de "Une mort à Lisbonne"

26 février 1941, caserne des SS, Unter den Eichen, Berlin-Lichterfelde. Assis dans le couloir vernis, devant le bureau de Lehrer, Felsen observait deux soldats en tricot de corps et pantalon de corvée qui nettoyaient les angles avec des brosses trop petites. Deux fois, au cours des quinze dernières minutes, un sergent était venu leur botter les fesses et saluer Felsen, mal à l'aise dans l'uniforme de SS-Hauptsturmführer. Un officier d'ordonnance sortit de la pièce et lui fit signe d'entrer. Felsen salua le Gruppenführer. D'un hochement de tête, Lehrer lui indiqua une chaise à dos droit de l'autre côté d'une table de travail incrustée de cuir noir. – Bien... Vous n'ignorez certainement pas que les SS dirigent différentes entreprises. Nous possédons des briqueteries, des carrières, des ateliers de poterie, des fabriques de ciment, des usines de matériaux de construction, de boissons non alcoolisées, de conditionnement de viande, des boulangeries et, bien sûr, des manufactures d'armes et de munitions – entre autres entreprises –, mais cela vous donne une idée. – Je ne vois pas où peuvent s'exercer mes compétences, Herr Gruppenführer. – Parlons munitions. Quelle différence y a-t-il entre cette guerre et la précédente ? – C'est un conflit aérien, une guerre de bombardements aériens. – Tout ce que les Berlinois voient, ce sont les raids de l'aviation, soupira Lehrer. Je vous parle de la guerre. De l'offensive. – Il n'y a pas de fronts statiques. C'est une guerre de mouvement. Une blitzkrieg. – Exactement, une guerre de mouvement. Elle nécessite du matériel, des machines-outils, de l'artillerie. C'est également une guerre de tanks. Et les tanks sont blindés. Pour arrêter un tank, il faut perforer l'acier renforcé de son blindage. Cela exige ce que l'on appelle des munitions à noyau dur. – Les coiffes des obus sont durcies à l'aide d'un alliage : du tungstène, je crois, de même que lesmachines-outils, le fût des canons et le blindage des tanks. – Également connu sous le nom de wolfram. Savez-vous où on en trouve ? – En Chine surtout, et en Russie. La Suède en a un peu, pas beaucoup, même si c'est à eux que l'on doit le mot tungstène, et Felsen ralentit son débit tandis que les rouages de son esprit s'enclenchaient. – La péninsule Ibérique ? J'avais l'impression que nous avions signé un pacte de non-agression avec Staline en 1939. Je ne vous demande pas de me confirmer que ce pacte sera rompu, mais il n'a pas échappé à l'attention des Berlinois que les usines produisent des quantités massives de matériel et que l'ensemble est acheminé dans une seule direction. – Espérons que Staline ne possède pas la perspicacité des Berlinois. – Il lui suffirait de déambuler du côté de Bierstuben et Kneipen, de Kreuzberg et Neukolln, d'offrir quelques bières, et il obtiendrait tous les renseignements militaires voulus. – Une perspective inquiétante, commenta Lehrer, qui paraissait ne s'en soucier aucunement. Continuez, Herr Hauptsturmführer, vous vous en tirez très bien. – Le wolfram que nous faisons venir de Chine transite-t-il par la Russie ? – Exact. – Et quand nous violerons le pacte de non-agression, nous nous couperons du plus gros producteur de tungstène au monde. – Vous comprenez maintenant pourquoi je voulais vous voir porter l'uniforme avant de vous parler de ce travail. – Susana Lopes, dit Felsen avec un hochement de tête à destination de Lehrer. Vous voulez que je me serve du portugais qu'elle m'a enseigné pour acheter du tungstène ? – Le Portugal possède les plus importantes réserves européennes, mais vous n'avez pas obtenu ce poste pour la seule et unique raison que vous parlez cette langue. – Est-ce pour les SS que j'achète le tungstène ? – Non, non, vous l'achetez pour l'Allemagne. Mais la Commission spéciale aux armements est placée sous la direction du Dr Walter Scheiber qui, hormis le fait qu'il s'agit d'un grand chimiste, est un vieux membre du Parti et un authentique SS. De la sorte, le Reichsführer Himmler veut s'assurer que le mérite de cette campagne reviendra aux SS et que, en retour, nous recevrons une part plus importante de la production des munitions. Ça n'a rien à voir avec vous. Votre tâche consiste a faire main basse sur chaque kilo de wolfram dont l'exploitation n'est pas cédée par contrat. – Cédée par contrat ? Qu'est-ce qui est déjà sous contrat ? – Beralt, la mine la plus importante, est britannique. Production, 2 000 tonnes par an. Les Français possèdent celle de Borralha. Production, six cents tonnes. La CCRU, la Compagnie commerciale du Royaume-Uni, a signé un contrat avec Borralha l'an dernier, mais par l'entremise du gouvernement de Vichy, nous avons réussi à empêcher qu'il soit honoré. Nous contrôlons une petite mine appelée Silvicola, d'une production maximale de quelques centaines de tonnes. Le reste est sur le marché ouvert. – Et combien nous en faut-il ? – Trois mille tonnes pour l'année en cours. – Vous ne venez pas de m'expliquer que la plus grosse mine produisait deux mille tonnes par an ? – Si. Et ce n'est pas le moindre de vos problèmes. La CCRU va lancer des offensives d'achat par présomption. Vous devrez diriger des masses importantes de travailleurs libres en même temps que vos propres hommes et tous les agents portugais associés à l'opération. Il vous faudra assurer la sécurité des stocks, organiser les transports. Il faudra que vous vous montriez... comment puis-je exprimer cela ? non conformiste dans vos méthodes. – Contrebande ? Lehrer étira au-dessus de son col un cou qui engraissait. – Vous aurez besoin de renseignements sur les options choisies par vos concurrents. Il faudra que vous renforciez la détermination de votre force de travail, que vous gardiez vos agents étrangers sous contrôle. – Et le Führer portugais, le docteur Salazar, comment est-ce qu'il est ? – Il se livre à un exercice de funambule. Idéologiquement, il est sûr, mais il existe un long passé de coopération avec les Britanniques, que ces derniers ne manquent jamais d'invoquer. Il va se retrouver écartelé, mais nous emporterons le morceau. – Et quand est-ce que je pars pour le Portugal ? – Vous ne partez pas, pas encore. La Suisse d'abord. Cet après-midi. – Cet après-midi ? Et mon usine ? Je n'ai strictement rien organisé, bon sang ! C'est totalement impossible, hors de question. – Ce sont des ordres, Herr Hauptsturmführer, trancha Lehrer d'un ton glacial. Aucun ordre n'est impossible. Une voiture passera vous chercher à une heure de l'après-midi.

Détails sur le produit

  • Reliure : Broché
  • 521  pages
  • Dimensions :  3.8cmx15.4cmx23.4cm
  • Poids : 662.2g
  • Editeur :   Laffont Paru le
  • Collection : Best-sellers
  • ISBN :  2221094557
  • EAN13 :  9782221094556
  • Classe Dewey :  823.914
  • Langue : Français

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Nous possédons des briqueteries, des carrières, des ateliers de poterie, des fabriques de ciment, des usines de matériaux de construction, de boissons non alcoolisées, de conditionnement de viande, des boulangeries et, bien sûr, des manufactures d'armes et de munitions – entre autres entreprises –, mais cela vous donne une idée. – Je ne vois pas où peuvent s'exercer mes compétences, Herr Gruppenführer. – Parlons munitions. Quelle différence y a-t-il entre cette guerre et la précédente ? – C'est un conflit aérien, une guerre de bombardements aériens. – Tout ce que les Berlinois voient, ce sont les raids de l'aviation, soupira Lehrer. Je vous parle de la guerre. De l'offensive. – Il n'y a pas de fronts statiques. C'est une guerre de mouvement. Une blitzkrieg. – Exactement, une guerre de mouvement. Elle nécessite du matériel, des machines-outils, de l'artillerie. C'est également une guerre de tanks. Et les tanks sont blindés. Pour arrêter un tank, il faut perforer l'acier renforcé de son blindage. Cela exige ce que l'on appelle des munitions à noyau dur. – Les coiffes des obus sont durcies à l'aide d'un alliage : du tungstène, je crois, de même que lesmachines-outils, le fût des canons et le blindage des tanks. – Également connu sous le nom de wolfram. Savez-vous où on en trouve ? – En Chine surtout, et en Russie. La Suède en a un peu, pas beaucoup, même si c'est à eux que l'on doit le mot tungstène, et Felsen ralentit son débit tandis que les rouages de son esprit s'enclenchaient. – La péninsule Ibérique ? J'avais l'impression que nous avions signé un pacte de non-agression avec Staline en 1939. Je ne vous demande pas de me confirmer que ce pacte sera rompu, mais il n'a pas échappé à l'attention des Berlinois que les usines produisent des quantités massives de matériel et que l'ensemble est acheminé dans une seule direction. – Espérons que Staline ne possède pas la perspicacité des Berlinois. – Il lui suffirait de déambuler du côté de Bierstuben et Kneipen, de Kreuzberg et Neukolln, d'offrir quelques bières, et il obtiendrait tous les renseignements militaires voulus. – Une perspective inquiétante, commenta Lehrer, qui paraissait ne s'en soucier aucunement. 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Nous contrôlons une petite mine appelée Silvicola, d'une production maximale de quelques centaines de tonnes. Le reste est sur le marché ouvert. – Et combien nous en faut-il ? – Trois mille tonnes pour l'année en cours. – Vous ne venez pas de m'expliquer que la plus grosse mine produisait deux mille tonnes par an ? – Si. Et ce n'est pas le moindre de vos problèmes. La CCRU va lancer des offensives d'achat par présomption. Vous devrez diriger des masses importantes de travailleurs libres en même temps que vos propres hommes et tous les agents portugais associés à l'opération. Il vous faudra assurer la sécurité des stocks, organiser les transports. Il faudra que vous vous montriez... comment puis-je exprimer cela ? non conformiste dans vos méthodes. – Contrebande ? Lehrer étira au-dessus de son col un cou qui engraissait. – Vous aurez besoin de renseignements sur les options choisies par vos concurrents. Il faudra que vous renforciez la détermination de votre force de travail, que vous gardiez vos agents étrangers sous contrôle. – Et le Führer portugais, le docteur Salazar, comment est-ce qu'il est ? – Il se livre à un exercice de funambule. Idéologiquement, il est sûr, mais il existe un long passé de coopération avec les Britanniques, que ces derniers ne manquent jamais d'invoquer. Il va se retrouver écartelé, mais nous emporterons le morceau. – Et quand est-ce que je pars pour le Portugal ? – Vous ne partez pas, pas encore. La Suisse d'abord. Cet après-midi. – Cet après-midi ? Et mon usine ? Je n'ai strictement rien organisé, bon sang ! C'est totalement impossible, hors de question. – Ce sont des ordres, Herr Hauptsturmführer, trancha Lehrer d'un ton glacial. Aucun ordre n'est impossible. Une voiture passera vous chercher à une heure de l'après-midi.