Les 3 Mousquetaires
Les 3 mousquetaires inaugure la série de cape et d’épée réalisée par André Hunebelle ; on y découvre les dialogues « littéraires », la diction et le jeu théâtraux, jusqu’au commentaire envahissant et précieux de Claude Dauphin, ces caractéristiques désuètes qui font le charme du film en même temps qu’elles le datent impitoyablement. Georges Marchal, en attendant Jean Marais, a de la prestance, combat vaillamment et une certaine fadeur ne l’empêche pas de bien remplir son rôle héroïque ; mais ce qui frappe surtout, c’est l’opulence de la reconstitution : entre les décors et les costumes, on a l’impression de feuilleter un joli livre d’images, propre et quasiment aseptisé. La vision historique ignore en effet le sale et l’inélégant, loin du réalisme auquel nous sommes habitués. De même le manichéisme est-il sans failles : les méchants sont visiblement méchants, et le monde se divise en deux camps très nets.