L'Enfant d'Ighoudi
Amnay a évolué dans un milieu où la distinction entre la lecture et les études n’est pas de mise. Le fait que son père : Haj Menan n’a pas eu la chance de se cultiver, lui a permis de combler ce vide. Toutefois, c’est rare, dans un contexte pareil au sein duquel l’analphabétisme l’emporte sur l’alphabétisation, qu’un père achète à son fils des livres. A Ighoudi tout comme dans tous les patelins du Maroc, il est difficile de confondre la lecture et l’alphabétisation. Lire ne veut pas dire intégrer l’école puisque la lecture est un acte qui dépasse l’alphabétisation et amplifie le savoir que l’école peut fournir. La lecture arrache Amnay au groupe et le fait rentrer dans le monde de la solitude, laquelle est favorisée par l’isolement d’Ighoudi. La solitude qu’impose la lecture est en quelque sorte une rébellion contre les conventions sociales qui visent l’uniformité. Etre seul dans le cas d’Amnay, c’est être seul par rapport au cadre de vie imposée par la norme. En réalité, il n’est pas seul, du moment que la lecture le sépare du mépris du savoir conjugué à la doxa.
| Langue: Français |