L'hydre de l'islamisme radical
L'islamisme radical? La référence à la géologie s'impose. Pourquoi? Parce qu'il s'agit historiquement d'un processus de sédimentation, par couches se superposant les unes sur les autres. L'auteur en fait une présentation synthétique utile. La première est sans conteste la matrice des Frères musulmans avec Hassan Al-Benna en Egypte, un instituteur qui va fonder cette confrérie; elle qui va se développer à partir d'un «noyau dur» de quelques personnes au départ puis se doter d'une organisation spartiate. Celle-ci s'articule autour de strates –la famille, la brigade et les phalanges– doublée par un organe secret (al jihaz assiri). Comme il le note, «le modèle auquel renvoyait Al-Benna est celui des premiers temps de l'Islam, du temps du Prophète». Avec ce mot d'ordre messianique: «au bout du combat, l'Islam triomphera». La feuille de route? La défense de l'Islam et le «rôle de guider les autres nations et commander les autres peuples». A son 5e congrès, en 1938, l'Organisation des Frères devient une association politique avec ce slogan: «l'Islam est religion et Etat, le Livre (musshaf) et l’épée». Un bras armé. L’Organisation spéciale (attandhim al khas) est créé; la violence est ainsi légitimée; le but ultime est le jihad avec le culte de la mort –la martyrologie.